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La mélodie : progressivement, vous trouverez votre chemin !

Vous désirez composer et vous vous demandez comment vous y prendre ? Avant tout, délivrez-vous de l’idée fixe comme quoi il existerait une méthode unique que l’on apprend au conservatoire ou à l’Académie de musique et qu’il suffit de suivre la méthode pour arriver à composer. Il existe probablement autant de méthodes pour composer que de compositeurs.

Vous pouvez en gros répartir les aspects de la composition en quatre zones distinctes : la mélodie, l’harmonie, le rythme et l’arrangement. Peu importe le type de musique composée (du hardrock au chant grégorien), vous retrouverez ces quatre éléments fondamentaux sous une forme ou une autre, même rudimentaire. Cette séparation en quatre éléments permet d’organiser ou d’analyser la musique plus facilement, mais il est clair que ces éléments sont interdépendants.

La mélodie est souvent ce que l’on retient le mieux du discours musical. On la chante sous la douche ou en travaillant. C’est l’élément caractéristique de l’oeuvre, sa marque de reconnaissance. C’est d’ailleurs sur ce critère que les sociétés de droit d’auteur se basent principalement pour attribuer le droit au compositeur. La mélodie est intimement reliée au rythme, qui lui donne sa structure temporelle. Pour composer une mélodie, l’inspiration pourra vous guider. Oui, mais vous me direz « Et si je n’ai pas d’inspiration ? »…

Développez-la ! Je définirais l’inspiration en musique comme l’art d’exprimer votre état d’être, votre vie, vos idées,… sous forme musicale. Si vous n’avez jamais touché une raquette, comment apprenez-vous à jouer au tennis ? Avec un peu de théorie bien sûr, mais surtout et principalement en jouant au tennis ! Donc pour composer vos premières mélodies, n’attendez pas un long discours qui vous dicterait les notes à écrire selon des règles strictes et fixées une fois pour toutes. Laissez-vous aller et placez vos premières mélodies sur la portée ou au clavier musical. Faites-le encore et encore, écoutez-les, modifiez-les, corrigez-les, travaillez-les. L’expérience acquise vous aidera à sélectionner plus facilement ce qui vous plaît et ce qui exprime ce que vous ressentez. Ce qui nous amène à un élément encore plus fondamental…

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Cela présuppose que vous ayez quelque chose à exprimer ! Une table, une voiture ou un ordinateur n’ont rien à exprimer, mais en tant qu’être humain, vous avez des tas de choses à exprimer et à communiquer. Rappelez-vous bien une des différences fondamentales entre l’ordinateur et l’homme : l’ordinateur n’a rien à exprimer. S’il s’exprime, ce n’est qu’une apparence programmée par l’homme. Ce n’est qu’un outil. Il ne pense pas, ne vit pas et n’exprime rien qui lui soit personnel puisqu’il n’a aucune personnalité inhérente. Il exécute machinalement des réactions ou des raisonnements dictés et créés par l’homme pour ses propres besoins. Donc si l’ordinateur en apparence peut composer, rappelez-vous qui l’a programmé : l’être humain. Et si un jour, comme je le crois possible, une oeuvre formidable pourrait être composée par un logiciel de manière autonome, ne vous trompez pas : applaudissez le programmeur qui a écrit le logiciel, mais pas l’ordinateur !

Vous vous demandez peut-être « Mais que vais-je exprimer musicalement…? » Vous pouvez partir de presque n’importe quoi. Prenez une émotion et exprimez-la musicalement. Vous êtes triste, vous êtes joyeux, vous êtes amoureux, vous jouez avec vos enfants, vous coupez du bois, vous êtes dans le métro, vous vous promenez dans les bois,… chaque situation de la vie peut vous inspirer et s’exprimer musicalement. Bien entendu, le langage musical est différent du langage parlé. Il possède une large part de subjectivité. Il n’y a pas de mélodie prédéterminée pour traduire la phrase « Je t’aime mon amour ! » (en particulier, ce sujet a été exprimé par des millions de mélodies les plus diverses à travers tous les âges). La tristesse comme l’enthousiasme peuvent s’exprimer de mille et une manières. Définissez tout d’abord clairement ce que vous voulez exprimer et puis,…lancez-vous à l’eau : placez vos notes ou utilisez votre clavier musical, écoutez-les, corrigez-les, travaillez-les,… enfin vous commencez à comprendre je crois.

Tout ce qui précède ne veut pas dire qu’aucune méthode ne peut être enseignée. Bien au contraire. Mais une méthode ne vous sera utile que si vous la considérez comme une méthode et non pas comme la méthode. Ne la considérez pas comme un passage obligé, quelle qu’elle soit, mais comme un guide possible, un départ pour développer votre méthode. L’étude du contrepoint, de l’harmonie, de la fugue, la lecture de traités sur la composition vous apprendront beaucoup. C’est une source de connaissance et de savoir-faire inestimable, surtout lorsque l’auteur est un compositeur qui a fait ses preuves. Combinez les deux : pratique et étude théorique et avec de la persévérance (eh oui, il en faudra toujours !) vous parviendrez inévitablement à composer.

Pour composer une mélodie, vous pouvez partir d’une gamme, d’un ensemble de notes formant une présélection. Alignez-les sur la portée, écoutez-les ou jouez-les sur un clavier musical. Ensuite, écoutez les diverses combinaisons possibles dans le temps et chaque fois qu’un élément de mélodie vous plaît, gardez-le. Supprimer ce qui ne retient pas votre attention, faites le tri. Disons-le franchement : si vous ne ressentez aucune inspiration au début, placez simplement vos notes de manière aléatoire, au hasard parmi quelques notes sélectionnées tout aussi arbitrairement. Multipliez les combinaisons et ensuite écoutez et sélectionnez ce qui retient votre attention et supprimez le reste. Progressivement, vous y trouverez votre chemin.

Le logiciel musical Pizzicato devrait vous y aider (voyez http://www.arpegemusique.com).

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Dominique Vandenneucker

Concepteur de Pizzicato

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