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La mélodie et l’harmonie

La mélodie est l’un des traits caractéristiques d’une oeuvre. Dans une mélodie, il y a les notes jouées mais également les valeurs rythmiques de chaque note. Cette combinaison « notes+rythmes » donne son trait personnel à une composition.

Une mélodie bien conçue donnera déjà une pulsion rythmique à l’oeuvre ainsi qu’une idée du parcours harmonique, même lorsque la mélodie est jouée seule. On pourra y distinguer des notes principales et des notes secondaires. Les notes principales seront les notes placées sur les temps forts (premier et troisième temps d’une mesure en 4/4 par exemple, ou premier temps d’une mesure en 3/4,…) ou celles qui dureront plus longtemps, sur lesquelles la mélodie se reposera ou se terminera. Les notes secondaires seront des notes généralement plus courtes, placées sur des temps faibles (second et quatrième temps d’une mesure en 4/4, second et troisième temps d’une mesure en 3/4,…) ou des contretemps (croches 2, 4, 6 et 8 dans une mesure de 8 croches en 4/4,…) et destinées à orner les notes principales, à servir de passage entre les notes principales.

Essayez dès le début de placer vos mélodies dans une structure rythmique. Pratiquement, comptez par exemple de 1 à 4 (mesure en 4 temps) en renforçant les temps 1 et 3, battez le rythme avec votre pied et laissez-vous aller à chantonner un air de votre inspiration. Donnez des points d’appui à votre mélodie sur le premier temps afin de bien marquer celui-ci.

L’harmonie est l’art de combiner plusieurs notes pour former un tout harmonieux à l’oreille. L’écoute simultanée de deux ou plusieurs notes provoque des battements agréables ou désagréables à l’oreille, selon les rapports des hauteurs des notes combinées. Le côté « agréable ou désagréable à l’oreille » est évidemment subjectif. En règle générale, plus les rapports mathématiques des fréquences sont simples, plus l’écoute sonnera « juste ».

Par exemple, en jouant un Do et un Sol le rapport mathématique est de 3/2, ce qui sonnera fort juste. Un Do et un Si donneront un rapport de +/- 15/8 et sonnera moins juste que le rapport 3/2. Ainsi on pourrait établir une échelle classifiant les intervalles sur une échelle de « justesse ». En combinant plusieurs notes dans un accord, cet accord pourrait se voir attribuer un « coefficient de justesse », fonction des rapports de chacune des notes avec les autres.

Remarquez que l’on distingue ici les termes « juste » et « agréable à l’oreille ». La qualité de justesse d’un accord pourrait en effet être calculée comme indiqué ci-dessus, mais cela n’impliquerait pas qu’un accord juste soit nécessairement agréable… En effet, le caractère agréable ou esthétique dépendra du contexte dans lequel on utilise l’accord et ce que l’on veut qu’il exprime. Un accord trop « juste » pourra sonner « creux » car il ne possède pas assez de richesse dans son contexte pour exprimer ce qu’on attend de lui. Tout cela reste donc assez subjectif et dépend directement de ce que le compositeur veut exprimer.

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Dès que plusieurs notes différentes sont entendues simultanément, un accord se forme. L’harmonie étudie les diverses combinaisons de sons, les classifie sous la forme d’accords et établit des règles pour enchaîner ces accords afin de former une progression harmonique ou progression d’accords. C’est le point de vue « vertical » de la musique, car on regarde principalement la formation des accords, formés verticalement sur la partition par le jeu simultané de plusieurs notes. D’autre part, le contrepoint se penche plus sur l’aspect « horizontal » du parcours de plusieurs mélodies simultanées. L’harmonie et le contrepoint se complètent donc et fournissent ensemble des règles pratiques pour la composition.

Une règle qui peut être utilisée pour l’enchaînement des accords est que chacune des mélodies qui en découlent soit agréable à l’oreille. En écoutant des mélodies diverses, vous vous rendrez compte qu’il y a des passages mélodiques qui impliquent presque automatiquement la note suivante. C’est comme si on pouvait deviner la note qui va suivre, tellement la mélodie tend naturellement vers celle-ci. Lorsque plusieurs mélodies se combinent pour former des accords, ce phénomène se produit à l’intérieur des accords et peut donner cette même impression d’un accord qui va suivre irrésistiblement un autre.

L’harmonie explique notamment cela par la « résolution » des accords. Une note apparaît dans une des mélodies et crée une tension (autrement dit, un intervalle avec un coefficient de justesse plus bas que la moyenne) qui demande à se résoudre de manière naturelle vers une autre note. Lorsque cette autre note est jouée, l’accord est donc modifié : on dira qu’il s’est résolu.

Si l’harmonie n’existe que par la multiplication des notes, une mélodie unique peut malgré tout déjà suggérer une harmonie, car cette mélodie contient plusieurs notes jouées successivement et lorsque l’on prend les notes principales de la mélodie et qu’on les joue simultanément, on obtient selon les cas un accord de plusieurs notes, qui peut être utilisé pour orienter l’accompagnement et générer une harmonie.

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Vu les liens intimes existant entre la mélodie, le rythme et l’harmonie, chacun de ces trois éléments peut aider à démarrer une composition et à inspirer les deux autres. Ainsi, un accord peut inspirer une mélodie par l’utilisation des notes de cet accord comme piliers de la mélodie (notes principales) entre lesquelles on utilisera les notes de passage. Nous verrons cela plus en détail plus tard. En attendant, j’espère que tout ceci pourra vous donner une vue plus claire de la composition et vous motivera à composer plus…

Dominique Vandenneucker

Concepteur de Pizzicato.

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